Et maintenant ?

L’élection de Wauquiez à la tête de LR nous donne l’occasion de faire un rapide état des lieux de ce vaste champ de ruines qu’est le paysage politique français.

Tout à droite, l’indéboulonnable Marine trône encore dans sa forteresse cernée de miradors et de barbelés… Malgré son échec retentissant de la dernière présidentielle, son parti pourvu de solides fondations, semble tenir bon. Même si le ravalement de façade de la dédiabolisation n’a pas suffi à masquer l’arrière-boutique idéologique, Le Pen semble conserver son socle électoral que des décennies de ravages libéraux et de multiculturalisme béat ont fait émerger.

Un poil moins à droite, on trouve le nouveau champion des « Républicains », qui retranché dans son bunker, voit peu à peu sa famille politique déserter ses rangs. Ayant perdu une bonne partie de ses militants séduits par le nouveau roi Macron, Wauquiez a donc mis le cap à droite toute sans pour autant franchir le Rubicon de l’alliance avec le Front National. Wauquiez sans surprise, nous refait du Sarko, mais s’étant coupé de sa jambe gauche partie en marche, et de sa jambe droite avec qui il refuse de s’allier, le patron de LR semble coincé dans un couloir bien éloigné du trône de Jupiter.

A droi… Au centre, nous retrouvons le président Macron et son armada de marcheurs, qui a fait du renouvellement (des visages à défaut des idées) son principal cheval de bataille. C’est pourtant jusqu’à présent toujours sous le sceau néolibéral que notre Jupiter national a choisi de marquer son mandat. Cadeaux fiscaux faits aux riches pour qu’ils investissent, réduction des allocations pour réduire la dette, on connaît depuis longtemps ces recettes… Et hormis quelques signaux positifs envoyés par Marlène Schiappa et Jean-Michel Blanquer sur la laïcité (nuancés par le flou présidentiel), on aura bien du mal à retenir beaucoup de positif d’un gouvernement qui de toute évidence, n’a pas compris qu’on ne fait pas société en creusant les inégalités.

Terminons une fois n’est pas coutume tout à gauche avec l’insoumis Jean-Luc Mélenchon. Bravache, le Lider Maximo de la FI ne manque jamais une occasion de cracher sur la presse ou de susciter la hantise de ses adversaires politiques. Mais le voilà qui indispose ses camardes de la gauche laïque, qui pour beaucoup ont fini par se lasser des accommodements de JLM avec les islamo-gauchistes et les communautaristes de tous poils. Si les renoncements du député des Bouches-du-Rhône lui permettent de préserver pour le moment une unité de façade, il se pourrait qu’ils fassent retomber l’espoir suscité par la FI, et peut être plus tôt qu’on ne le croit.

Voilà donc un charmant tableau qui conduit tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le gouvernement actuel, à chercher une alternative en dehors de ce trio FN-LR-FI qui s’est révélé incapable de mobiliser la majorité des français aux dernières législatives.

La gauche étant ma famille politique, c’est de ce côté que je vous propose de regarder. Un premier coup d’oeil révèle d’abord une situation pour le moins paradoxale. On découvre en effet dans le même temps, un paysage extrêmement riche et varié mais dont rien ne semble pouvoir se dégager. Le mouvement « Génération.s » de Benoît Hamon semble condamné à peine sorti de l’oeuf, le PCF et EÉLV poursuivent leur agonie inexorable et le ciel ne semble pas s’éclaircir davantage au dessus de la vieille maison socialiste…

Pourtant l’espace entre Mélenchon et Macron demeure relativement large et la refondation d’une alternative de gauche crédible au néolibéralisme répond à de véritables enjeux politiques. Il est vrai que ce ne sont pas les tâches qui manquent : défendre la laïcité contre les intégrismes, renouer avec la République contre les communautarismes, promouvoir l’égalité et la justice sociale, instaurer des modes de production/consommation écologiques, reconstruire une Europe par et pour les peuples et anéantir l’islamisme qui a déjà fait tant de victimes dans le monde entier. Voilà quels sont aujourd’hui les défis que la gauche doit relever, et si en l’état aucune force de gauche ne semble en avoir les capacités, il est fort probable qu’une nouvelle formation capable de répondre à ces multiples enjeux, émerge dans les années à venir. Cette refondation passe par la réaffirmation des valeurs de la gauche et peut prendre aussi bien la forme d’une nouvelle structure politique que d’une renaissance d’un Parti Socialiste en pleins préparatifs de congrès… Allez savoir. Quoiqu’il en soit, cette refondation ne se fera pas seule et il est indispensable que nous tous, hommes et femmes de gauche y prenions part, afin de faire émerger une gauche véritable, sociale, écologique et laïque !

Simon Férelloc

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